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samedi 24 juin 2017

APREMONT-LA-FORET (55) - Commanderie templière de Marbotte

Exploitation agricole, la terre de Marbotte, située sur la commune d'Apremont-la-Forêt,
a conservé les restes d'une ancienne commanderie templière puis hospitalière !

Malgré les outrages du temps, l'ensemble a gardé des éléments forts intéressants :
une chapelle romano-gothique et des bâtiments du XVe siècle,
entourés d'une partie des remparts plus tardifs.

MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers
Les différents logis ayant gardés de belles fenêtres de la fin du XVe siècle avec des
 linteaux en accolade dont certains sont ornés d'écus à la croix des
Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem
MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers

 La création de la commanderie de Marbotte remonte au milieu du XIIe siècle.

    En effet, vers 1150, l’ordre du Temple s’établit au sud-ouest du village de Marbotte,
dénommé dans les archives médiévales sous les termes de Mardubus, Mardoba, Marbot.

    Vers 1160, la commanderie est mentionnée au cours d'un conflit entre les Templiers
de Marbotte et Ménégaux, l'abbé de Saint Mihiel, au sujet d'un moulin édifié par les
chevaliers sur un terrain appartenant à de l’abbaye, à Mescraignes (ou Mescrin).

Renonçant à ses prétentions, l'abbé exigea quand même que les Templiers payent à l’abbaye,
en compensation, un cens de six sous annuel, qui serait porté à dix sous en cas de retard.
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MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers

MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers

  Comme pour les autres commanderies lorraines, l'essor de celle de Marbotte fut lié aux nombreuses
donations faites par les seigneurs ; on peut notamment citer Guillaume de Cornéville en 1208,
les chevaliers Garin et Raoul de Jouy en 1216, le duc Thiébaut de Bar en 1217,
Arnoult de Rumont en 1220, Gobert d’Apremont en 1223 et 1263.

La commanderie de Marbotte fut ainsi dotée de terres arables, de prés, de moulins.
 .
MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers
Logis - fenêtres de la fin du XVe siècle avec des linteaux en accolade dont
une est ornée d'une croix des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem
MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers

MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers
Logis - Linteaux en accolade ornés d'écus à la croix des Hospitaliers
de Saint-Jean-de-Jérusalem
MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers

 En 1310, les commanderies de Doncourt et d'Avillers furent unies à celle de Marbotte, sous la
direction d'un seul et unique commandeur, qui avait le droit de haute, moyenne et basse
justice sur tous les domaines templiers et sur les village de Marbotte, Doncourt et Avillers.

Avec la suppression de l'Ordre du Temple en 1312, la commanderie de Marbotte passa,
avec tous ses possessions, aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
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MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers
Mur sud de la chapelle templière avec son portail roman
MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers

MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers

MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers
Chapelle - Portail latéral roman avec ses voussures en plein cintre
supportée par deux colonnes à chapiteaux végétaux. On sent ici les prémices
de l'art gothique du XIIIe siècle à travers les chapiteaux

MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers

La maison de Marbotte se composait d’un bâtiment d’habitation ayant quatre pièces au rez-de
chaussée et on accédait à l’étage, où se trouvaient deux chambres, par un escalier à vis.

 La chapelle, le colombier, la grange, les écuries et l'étable formaient un quadrilatère
entouré par un rempart qui protégeait l’ensemble.

  Selon un terrier de 1678 :
        "Ledit Sieur Commandeur a audit Marbotte une maison platte consistant en Bastiments, dedans
desquelles il y a une chapelle et un colombier. Laditte maison appelée l’hospital de Marbotte.
Lesquelles maison Chapelle et bastiment sont en fort bon estat".
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MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers
Chapelle - Nef dépourvue de son voûtement jadis à croisées d'ogives peintes
(notamment un Tétramorphe)
MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers

MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers

MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers
Chapelle - Nef - Mur sud : Vestiges de fresques : le Christ à droite

MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers
Chapelle - Baies romanes en plein cintre murée dont l'ébrasement
conserve une partie des peintures murales à rinceaux
MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers
Ebrasement de l'une des baies en plein cintre avec un décor peint
composé de rinceaux
MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers



MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers
Chapelle - Nef - Mur sud : vestiges de fresques avec la figuration de Saint-André
dont on reconnaît la croix

MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers
Chapelle - Nef - Départ des nervures de la voûte, ornée de fleurons
rouge et souligné par du jaune
MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers

MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers

Les commandeurs de l'Ordre du Temple à Marbotte 

  1264 : Frère Villaris
    1269 : Frère Baudignon
    1272 : Frère Wauthier
    1274 : Frère Martin, maître des maisons du Temple et bailli de Lorraine
    .. ?.. : Frère Henry de Vauquelour

MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers
Chapelle - Nef - Mur sud : Baie romane en plein cintre ébrasée

Les commandeurs de Saint-Jean-de-Jérusalem à Marbotte

    1338 : Thierry, maître de l’hôpital de Marbotte
    1346 : Jacques
    1347 : Thierry de Port
    1382 : Jehan de Gyé
    1419 : Thiébaut de Cey
    1430 : Erard de Beffroimont, commandeur de Marbotte et Belle-Croix
    1445 : Jehan Jacquemin de Doncourt
    1477 : Aimé de Croï
    1480 : Jean Poinsignon, assista au premier siège de Rhodes
    1493 : Houillon Hanus Marbotte : une porte
    1511-1518 : Médart Denizot
    1541 : Balthazar d’Apremont
    1543 : Guillaume du Hautoy
    1565 : Jacques de Ligniville
    1582 : Louis de Lenoncourt, commandeur de Marbotte et de Robécourt, bailli de Saint-Mihiel
    1593 : Jean d’Anglure, commandeur de Marbotte et de Robécourt
    1595 : Jean François de Faulquières de Chauvirey, commandeur de Marbotte et lieutenant hospitalier à Malte
    1608 : Charles de Chauvirey
    1615 : P. de Beaulieu, commandeur et grand trésorier de l’Ordre
    1616 : Agnus des Portes
    1623 : Pierre Jean Tonget de Noilhan, commandeur de Marbotte et de Nancy
    1694 ? : François de Roussel, seigneur de Chevry
    1663-1666 : Nicolas de Bilistin de Foncville, commandeur de Marbotte et de Doncourt
    1676-1685 : Charles de Baudier, seigneur de Virginie
    1694 : Charles Gaspart Mertruy de Saint Ouen
    1704 : Jean de la Rue
    1706 : Nicolas de la Rue
    1712 : Louis le Bacle de Moulin
    1713 : Ferdinand de Ricard
    1715 : François de Roussel de Chevry
    1720 : Antoine Charles de Damas de Marcilly, commandeur de Marbotte et de Doncourt
    1754 : Jean Baptiste François comte de Raigecourt
    1757 : Armand Joseph de Balathier de Lantage, procureur et receveur général au
grand prieuré de Champagne en 1760
    1786 : Jean Baptiste de Circourt, dernier commandeur de Marbotte et de Doncourt


MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers
Mur d'enceinte de la commanderie avec ses bouches à feu (Fin XVe-Début XVIe siècle)
MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers

MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers
Mur d'enceinte - Bouches à feu
MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers

MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers

MARBOTTE (55) - Commanderie des Templiers
Mur d'enceinte - Canonnière double
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mercredi 21 juin 2017

LIVERDUN (54) - Demeure renaissance dite du Gouverneur

Après la Porte Haute franchie, le visiteur peut immédiatement admirer l'une des plus
belles demeures renaissance de Liverdun, la première sur la droite de la rue.

Bien que dénommée Demeure du Gouverneur, rien ne confirme qu'elle fut bien
occupée dès le XVIe siècle par le gouverneur de Liverdun.

Elle fut cependant construite en 1565 pour loger le prévôt de Liverdun.

LIVERDUN (54) - Demeure renaissance

LIVERDUN (54) - Demeure renaissance

La façade affiche un beau portail ouvragé accosté de deux fenêtres
et sommé d'une troisième.

LIVERDUN (54) - Demeure renaissance

Le portail est composé de piédroits à base rectangulaire sur lesquelles reposent
des pilastres en partie cannelés soutenant le fronton triangulaire
interrompu en son centre par un cartouche garni d'armoiries.

LIVERDUN (54) - Demeure renaissance

L'arc en plein cintre du portail présente des écoinçons sculptés de rinceaux et d'angelots
aux ailes déployées et une clef d'arc au mascaron féminin à la coiffe typique du XVIe siècle.

LIVERDUN (54) - Demeure renaissance

LIVERDUN (54) - Demeure renaissance

LIVERDUN (54) - Demeure renaissance

Les écoinçons du portail sont occupés par des rinceaux, de grappes de raisin et de poires,
des angelots souriants aux ailes ouvertes.

LIVERDUN (54) - Demeure renaissance

LIVERDUN (54) - Demeure renaissance

LIVERDUN (54) - Demeure renaissance

LIVERDUN (54) - Demeure renaissance

Les armoiries du cartouche occupant la partie centrale du fronton triangulaire du portail
sont effacés ; celui de droite appartenait à une femme et celui de gauche,
avec son cimier buché montrait les armes de son époux.

LIVERDUN (54) - Demeure renaissance

Les deux fenêtres latérales de forme légèrement rectangulaire sont pourvues
d'un fronton à volutes et rinceaux.

LIVERDUN (54) - Demeure renaissance

LIVERDUN (54) - Demeure renaissance

LIVERDUN (54) - Demeure renaissance

LIVERDUN (54) - Demeure renaissance

La fenêtre géminée située au-dessus du portail est composé de deux
lancettes en plein cintre sommées d'un fronton curviligne
interrompu en son centre.
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dimanche 18 juin 2017

COURCELLES (54) - A la découverte du village

Courcelles, petit village meurthe-et-mosellan, semble remonter à l'époque
mérovingienne ou carolingienne car le diminutif corticella sert à nommer un
petit domaine constitué à partir d'une cour (cortis).

En 1094, les archives évoquent un certain Gerardus de Corcelles

En 1106, le village porte le nom de Cruzele.

En 1402, alors qu'il appartient au comté de Vaudémont, le pouillé de Toul
mentionne l'église comme étant de Corcellis subtus Waudemonte
(Courcelles-sous-Vaudémont).

En 1408, la commune est appelée Courxelle.

En 1779, le village est dénommé comme étant Courcelles-sous-Vaudémont.

COURCELLES (54) - Le village

Le monument le plus intéressant de Courcelles est sans conteste l'église paroissiale
placée sous l'invocation de Saint-Jacques dont le clocher roman de la
fin du XIIe siècle est la partie la plus ancienne.

L'ecclesia de Corcellis subtus Waudemonte, relevait alors du diocèse de Toul,
archidiaconné de Vittel et doyenné de Saintois.

COURCELLES (54) - Le village

La cure de Courcelles était entre les mains des Hospitaliers de Saint-Jean
de Jérusalem. En 1284, un certain Pierre est chapelain de Courcelles.

COURCELLES (54) - Le village

Construite en moellons équarris, le clocher à la base partiellement talutée conserve
au rez-de-chaussée une baie romane en plein cintre et au niveau des cloches,
sur chacune des faces, une baie géminée en plein cintre à colonnette centrale.

Une toiture en bâtière coiffe le clocher.

Ce qui est regrettable et disgracieux : les fils électriques partant du clocher.

COURCELLES (54) - Le village

COURCELLES (54) - Le village
Clocher - Étage campanaire : baies géminées romanes
COURCELLES (54) - Le village

COURCELLES (54) - Le village
Clocher - Rez-de-chaussée : Baie en plein cintre

La nef a été rebâtie au cours du XVIIe siècle avec des modifications aux siècles suivants.

COURCELLES (54) - Le village
Église - Portail d'entrée (XVIIe siècle) surmonté d'un oculus

COURCELLES (54) - Le village
Vierge à l'Enfant (XIXe siècle) dans sa niche
COURCELLES (54) - Le village

COURCELLES (54) - Le village

Des maisons conservées, seule celle-ci mérite d'être pointée notamment en raison
de sa porte d'entrée et de ses trois baies géminées en plein cintre
éclairant l'étage supérieur de la demeure du XVIIe siècle.

COURCELLES (54) - Le village

COURCELLES (54) - Le village
L'une des trois fenêtres géminées

COURCELLES (54) - Le village
Niche (XVIIe siècle) à fronton en demi-cercle et volutes latérales
renfermant une Vierge du début du XXe siècle
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